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Vendredi 23 août 2019

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Assemble gnrale de l'UDA 2010 - Intervention de Christophe Barbier L'Express

Intervention de Christophe Barbier,
directeur de la rdaction de L'Express,


le 15 juin 2010 l'AG de l'UDA


Les mdias sociaux ne sont que le 3e ou 4e tage de la fuse de l'internet. C'est une formidable chance pour les mtiers de l'information : internet a mis un terme deux maldictions, la limitation de l'espace et du temps. Il n'y avait qu'un nombre restreint de pages et tout dbordement de l'espace pouvait valoir de grandes msaventures. L'espace dsormais est infini. Limitation du temps : un journal qui avait boucl c'tait une bulle de 8 9 jours qui s'ouvrait. Un scoop qui arrivait 2 heures aprs le bouclage et il fallait attendre 9 jours plus tard pour que les lecteurs en prennent connaissance. Aujourd'hui, un journaliste qui a un scoop, aprs le temps ncessaire pour recouper ses informations, peut le mettre immdiatement la porte de notre communaut d'internautes. Cela nous arrive de plus en plus souvent : les journalises savent trs bien quelle est la dure d'une information, quelle est sa date de premption. La contrainte du temps a disparu. En revanche, on sait que la l'enjeu est maintenant la rapidit.


Je m'inscris en faux sur ce qu'on peut lire ce matin sous la plume de Laurent Joffrin dans Libration, que la maldiction de la presse crite se rsume en deux mots : le "tout-gratuit". Pour le gratuit papier, c'est faux : les gratuits la disposition des jeunes lecteurs constituent une formidable ducation, une introduction la lecture sur papier et la manipulation d'un journal. Cela demande tre dpass quand on quitte le lyce, mais c'est une manire de ne pas perdre nos lecteurs entre le moment o il trouvent L'Express ou Le Nouvel Obs sur la table de leurs parents et le moment o ils vont s'y abonner au moment de leur premier emploi. Il y avait avant un trou de 7 10 ans. Pour Laurent Joffrin, l'internet gratuit serait une erreur, car il a t mis en place en attendant la pub qui n'est jamais venue.

Nous ne renonons pas crer sur le net l'quilibre si fcond entre le monde des annonceurs, le monde des lecteurs et le monde des journalistes, qui a fait l'existence de la presse crite. Nous devons nous battre pour que l'quilibre entre le march des annonceurs et les lecteurs se retrouve sur la sphre internet. Mme s'il y a la crise, que valoriser de l'audience est trs compliqu, c'est un dfi technique et intellectuel formidable et nous allons y arriver. L'Express est cette anne l'quilibre avec le site internet, car nous avons su trouver cet quilibre entre une audience formidable (5,2 millions de visiteurs uniques par mois) et le dialogue avec les annonceurs. Enorme chance que cet internet, quoi s'est ajout pour les journalistes un dfi : la possibilit et le devoir d'tre des journalistes multimdias. L'Express a une seule et mme rdaction et je vais porter la parole du journal dans les mdias audiovisuels qui ont la gentillesse de m'inviter. C'est un service "avant-vente".

Tout cela a rvolutionn nos mtiers et cr un couple print/web particulirement fcond et rentable. A cela se sont ajouts deux nouveaux ges d'internet pour l'information. Le premier est l'ge communautaire, le 2.0. Basique, avec ses chats, forums, blogs, une sorte de courrier des lecteurs dmultipli, port incandescence, avec un pugilat permanent entre eux et nous, et une autre dimension : ils s'crivent entre eux. C'est une aventure trs forte et nous sommes encore en train d'crire le mode d'emploi de ce 2.0.

Nous avons vit des erreurs : nous ne sommes pas alls sur Second Life dont plus personne ne parle aujourd'hui, mais nous sommes alls au 3e tage de la fuse internet, sur les rseaux sociaux. C'est la possibilit pour nous d'avoir une sorte de courrier de l'diteur qui va rentrer dans la vie des lecteurs. Par le partage, via Twitter et Facebook notamment, de nos informations et de nos ides, on va aller dans l'espace que les lecteurs se sont cr. On va jumeler leur espace rseau social personnel au ntre. On est encore dans une terra incognita. On ne sait pas s'il n'y aura pas une saturation de type quantitatif, on voit bien que se dveloppent aussi les critiques de ces pratiques, et la dontologie se fait en mme temps que le mdia se btit.

Dans notre volont de souder et d'largir le plus possible la communaut de L'Express, compose de journalistes et de lecteurs, d'internautes et des rseaux de ces internautes, nous avons pu donner une nouvelle impulsion notre audience. Les rgles dontologiques et les pratiques des journalistes vont changer, la formation des jeunes journalistes aussi et amener dans les rdactions des gens mieux rods ces outils. Le dveloppement du mdia a t beaucoup plus rapide que la pdagogie et il faut attendre cette maturit.

La leon d'internet, et encore plus de l'internet communautaire, c'est que la marque d'information est essentielle : sans une marque d'information forte, tout finit par s'effriter. La premire chose s'tre effrite c'est le mythe du journaliste-citoyen, "tous journalistes" (avec son iPhone sa fentre on devient journaliste) : le travail de vrification, de commentaire, d'enrichissement de l'information est un travail professionnel. Derrire une marque d'information, nous avons montr qu'il y a des mtiers, une dontologie.

Autre mythe, celui du "pure player" comme Mediapart : on va vite arriver aux limites conomiques et intellectuelles de ces marques. D'ailleurs, elles commencent crer des supports papier ou des supplments hebdomadaires o s'affirment noir sur blanc une parole ditoriale et une remise en scne de l'information. Leur modle conomique et journalistique est appel disparatre s'ils ne s'tendent pas vers d'autres formes, notamment la forme papier, pour consolider leurs marques. Les marques qui ont une antriorit de 50 ans dans le papier apportent une grande lgitimit sur internet. Il n'y aura pas de dveloppement de l'information sur le net sans les marques d'information.

Et je pense que pour les marques des annonceurs, il ne peut pas y avoir d'issue sur internet sans le couplage entre le print et le net. L'imagination des annonceurs doit se faire sous la double forme. Ce sont deux manires diffrentes de penser la publicit pour une mme marque. Une mme marque de produits destine une marque d'information sous ses deux vecteurs, et mme ses trois vecteurs si on ajoute le mobile.

Un autre phnomne est le dveloppement d'une sorte de para-audience tlvise, dont parle David Abiker dans L'Express cette semaine : les tlspectateurs regardent la TV et en mme temps, avec Twitter, Facebook et leurs blogs, ils commentent ce qu'ils voient pour leurs rseaux sociaux. Il se cre une audience souterraine, une para-audience des programmes TV. D. Abiker annonce l'intrt pour la publicit et les annonceurs de cette audience souterraine, qui est une audience o l'engagement du tlspectateur est beaucoup plus forte. On passe de quelque chose de passif quelque chose de trs actif, qui est le commentaire, le "on refait le match" permanent sur les rseaux sociaux, avec des homognits de ces rseaux qui peuvent intresser les annonceurs.

Il y a eu trois ges entre un citoyen consommateur d'informations, avide d'tre bien inform et les mdias. D'abord l'ge de l'accessibilit : le mdia qui s'imposait tait celui qui permettait la plus grande accessibilit (le meilleur rseau de vendeurs la crie). Cela a t jusqu' l'ge d'or de France-Soir. Une grande accessibilit porte son terme par les mdias audiovisuels : dans la voiture, la salle de bains Ensuite, il y a eu l're de la rapidit : on est dedans avec internet, ce sont les mdias qui offrent l'information la plus rapide.
Mais on est en train d'arriver dans un troisime ge : tout en garantissant l'accessibilit et la rapidit, il faut aussi garantir la fiabilit, qu'on trouve dans les marques d'information. Le triptyque "accessibilit, rapidit, fiabilit", des news comme L'Express, compte tenu de leur histoire et de leurs quipes, sont en mesure de le garantir. Pour les marques des annonceurs et pour nous tous, c'est le trpied d'une nouvelle prosprit.


Interview audio


Lgende vido colonne droite

Intervention de Christophe Barbier, directeur de la rdaction de L'Express, lors de l'Assemble gnrale de l'UDA, le 15 juin 2010, sur le thme "Les mdias sociaux, l'information et les marques".

 Lire l'intervention

 Tlcharger le texte de l'intervention (26 Ko)

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